Notes à propos des œuvres

 

 

Noch nicht (1981)

pour 2 groupes d'instruments

 

Au départ, une situation indiquée par le poète Denis Roche :

« ….. pendant qu'à l'arrière-plan les musiciens accordent leurs instruments, c'est toujours comme cela ! »

Mais aussi :

une recherche qui se poursuit à travers des œuvres différentes d'une durée qui se développerait « par spirale »....

des nostalgies sans doute....

une interrogation : le bon accord des instruments conduit-il nécessairement à une musique citationnelle ?

 

 

Chroniques I & III (1983)

alto, clarinette, cor, trombone, piano et bande

 

On n'en finira donc jamais de raconter des histoires ! ...I & III imbriqués l'un dans l'autre, mais I aura bientôt sa vie propre (pièce pour 3 claviers)... II pourra suivre ou s'y mêler.... (Certains personnages de ces chroniques ont déjà traversé d'autres histoires , ils apparaissent ici plus ou moins déguisés ) ;

ne pas y chercher de discours, seuls des fragments dérivent les uns par rapport aux autres.

Cette pièce est dédiée à Mihai Mitrea-Celarianu.

 

 

Attentif à l'érosion (1995)

2 sopranos,chœur mixte et ensemble instrumental

textes : Gérard Fournaison

 

Érosion des mots, des sons, des gestes musicaux,du sens …. et pourtant il faut écrire, écouter...

« Attentif à l'érosion » est une lecture, un chemin commun avec un poème de Gérard Fournaison.

 

 

L'oiseau des ruines (1998)

violoncelle et ensemble

 

L'oiseau des ruines se dégage de la mort

Il nidifie dans la pierre grise au soleil

Il a franchi toute douleur, toute mémoire,

Il ne sait plus ce qui est demain dans l'éternel.

 

Yves Bonnefoy

 

 

Failles (1999)

Pour flûte piccolo et piano

 

Ecrit pour Jean-Louis Beaumadier et Jacques Raynaut qui en ont donné la première audition en août 1999.

Failles dit la tentative de se glisser dans les espaces laissés ouverts par tout ce que le commerce, l’habitude ou la paresse continuent de nommer « musique » ; il ne s’agit donc pas d’ajouter un discours aux discours, mais de laisser entendre des fragments qui suggèrent une possible musique, saisie au moment de sa naissance ou à celui de son évanouissement.

Pour l’anecdote, Jacques Raynaut m’a convaincu d’écrire pour cette formation le jour où il m’a déclaré « tus sais, le piccolo, c’est pas mal dans le grave… », d’où sans doute ces passages dans lesquels le piano évolue dans un registre plus aigu que celui du piccolo….

 

 

 Une incertaine (2002)

pour flûte en ut, flûte en sol et violoncelle

 

Ce trio est une musique qui doute, qui tente de dire le doute sur la possibilité de l’existence même de la musique dans un monde qui appelle « musique » ….d’autres choses…. , une musique dans laquelle des sons, des figures, des bribes de discours jouent à la fois leur apparition et leur disparition, explorant cette zone qui sépare et relie le silence et l’affirmation, le souvenir et l’oubli.

 

(Alain Daboncourt, Anne Chicot et Franck Bernède ont sollicité cette œuvre et en donné la première audition en juillet 2002)

 

 

Tout près del'absent (2003)

ensemble instrumental

à la mémoire de Mihai Mitrea-Celarianu

 

Une pièce était en cours d'écriture quand le décès brutal du compositeur et ami Mihai Mitrea-Celarianu en avril 2003 en a infléchi le cours, en imposant le titre ou en suggérant notamment l'introduction d'une brève évocation de son œuvre « Recoins » créée avec lui .

 

 

 

Un désir du dire (2004)

soprano, flûte,violoncelle, piano

textes : Michelle Grangaud

 

Michelle Grangaud,membre de l'Oulipo, a publié ses « Poèmes fondus » en 1999 et les présente comme « des traductions de français en français , avec 9 propositions en introduction ». La première s'énonce ainsi : « tout poème se compose de plusieurs poèmes fondus ensemble », la quatrième : « un poème fondu, ou implicite, est constitué par une circulation de sens entre des mots non contigus du poème explicite ». En l'occurrence il s'agit ici d'une succession de tercets suivant une rythmique de 5, 7, et 5 syllabes,chaque tercet étant un sonnet de Baudelaire...fondu.

Le compositeur s'est donné d'autres contraintes, rythmiques et formelles, permettant d'agencer des familles de sonorités ou de gestes (blocs, itérations,mélodies, passages,tissages...).

L'auditeur admettra-t-il que « le sens émerge du non-sens,il est produit par le non-sens » ou que « sens sans non-sens n'est que ruine de l'âme » (MG) ?

 

 

Chambre intérieure (2006)

Récitant et quatre instruments

Texte de Jean-Louis Giovannoni

 

Si comme le dit Gilles Deleuze la musique est capable de capter des forces non-musicales, celle de Chambre intérieure doit saisir les images, les mouvements, les lignes, les forces qui traversent les peintures de Gilbert Pastor, les mots de Jean-Louis Giovannoni, le livre dans lequel ils font étape,la voix de Daniel Mesguich,pour les accompagner dans leur devenir à travers les agencements de figures sonores.

Un quatuor constitué d'un hautbois, une clarinette,un violoncelle et un accordéon est l'instrument de cette capture.

 

 

Une cavatine (2009)

piano

 

« La cavatine creuse, c'est vrai (cavare). Elle s'enfonce dans les profondeurs, elle fore des galeries qui vont nous éloigner de la lumière. Mais elle creuse à la manière de Dantès au château d'If, sur les conseils de l'abbé Jaria; à la façon de n'importe quel prisonnier qui prétend s'ouvrir un passage vers la liberté. Elle accroit le confinement pour, de ce confinement redoublé, faire un élargissement. Elle aggrave l'ombre, mais c'est pour plus de lumière. »

 

Renaud Camus: Cavare (notes pour un Marcheschi)

 

 

 

« Ce serait.....comme après... » (2008)

Ensemble instrumental et sons fixés

Commande de l'ADDM84

 

 

Cette pièce pour petit ensemble instrumental et sons fixés enrichit un recueil de pièces pour diverses formations de jeunes musiciens intitulé « Ce serait.... », le titre de chacune des pièces commençant alors par « ...comme... ». Il s'agit donc de pièces brèves qui suggèrent d'éventuels développements.

Le thème proposé pour « quid novi 2008 », à savoir la dernière goutte, a évoqué pour moi le dernier gobelet bu par le Roi de Thulé dans le lied de Schubert. « ...comme après.... » suggère que ce lied n'est peut-être pas terminé, qu'il pourrait se prolonger, de diverses manières; certaines sont amorcées dans cette pièce. « ...comme après Schubert » ou « ..comme après le roi de Thulé », ou « comme après... ».

 

 

...pour les jours d'amertume (2008)

pour ensemble instrumental

 

 

Cette pièce est née de l'admiration de l'installation d'Isa Barbier « Coupoles » au musée Ziem de Martigues.

Isa Barbier crée de la légèreté, des formes aériennes qui dessinent des espaces en suspension, légèrement mouvants, qui matérialisent l'air, la lumière et le son. Ces espaces vivants réagissent au souffle, au froid et à la chaleur, aux vibrations sonores. Ces entités suspendues qui semblent très éphémères et de l'ordre du magique et du poétique, ont en réalité une très forte présence, justement par le fait que leur extrême sensibilité les fait réagir parfois à des phénomènes que nous ne percevons pas toujours. Nous avons donc l'impression de nous tenir dans une pièce habitée :

« Elles entendent la musique » dit-elle de ses créations, ce sont des « caresses pour les jours d'amertume ».

 

 

 

 

 

 

Mais dans l'hiver, qui écoute ? (2011)

Pour mezzo-soprano, clarinette en la et piano

Textes de Gérard Fournaison

 

 

Cette pièce s'appuie sur trois textes de Gérard Fournaison, les deux premiers faisant partie d'un ensemble de poèmes titrés Un paysage avec atelier et publiés sur le blog http://gerardfournaison.unblog.fr/ , le dernier ayant été écrit spécifiquement pour cette œuvre.

La poésie de Gérard Fournaison ne déroule pas de récit, elle observe, désigne des objets, fait entendre des mots, un fragment de citation, suggère un lieu..Dans les textes choisis, il est par exemple question d'hiver, de silences, mais aussi de nuits, de rêves, de peintres, de poètes et de loups.... .Cette poésie lacunaire laisse toute sa place au lecteur, donc au musicien, car, après tout, écrire une musique avec des textes, est-ce autre chose qu'une proposition de lecture ?

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